Un tour d’Europe à vélo

à la rencontre des graines de possible

Pourquoi une telle aventure ?

Les rapports scientifiques se multiplient et confirment la nécessité d’un changement de cap dans l’organisation de nos sociétés. L’heure est à la lucidité, à la réactivité et à la “créativité”, pour reprendre les mots de l’astrophysicien Aurélien Barrau.

Dans un contexte de crise écologique majeure, de destruction accélérée des écosystèmes et de creusement des inégalités, il nous est devenu essentiel de ne pas céder au découragement ou au déni, mais de chercher dès maintenant d’autres manières d’habiter le monde et de vivre avec le vivant.

Nous ne sommes pas les seuls à être bouleversés par les réponses encore insuffisantes face à ces urgences écologiques et sociales. C’est dans cet élan que nous sommes partis à la rencontre de celles et ceux qui expérimentent déjà d’autres possibles, un peu partout en Europe.

Nous avons suivi les routes, au rythme des terres, des saisons et des rencontres, en quête d’imprévu, de découverte et d’émerveillement.


L’objectif du voyage : filmer ces personnes inspirantes

Notre objectif était simple : partir à la rencontre de nombreuses personnes inspirantes à travers l’Europe. Des femmes et des hommes qui, chacun à leur manière, repensent leur façon de vivre, de travailler, de s’organiser, et s’engagent dans des démarches concrètes, souvent exigeantes, mais riches de sens.

En France, en Allemagne, en Estonie, en Suède et dans bien d’autres pays, nous avons posé nos questions, pris le temps d’échanger, et filmé ces rencontres avec notre matériel audiovisuel.

Filmer ces personnes était pour nous une manière de les mettre en lumière, de faire exister leurs récits et de les relier entre eux, afin de faire émerger un espace commun fait d’inspiration, de réflexion et d’espoir actif.

Nous sommes partis en quête de réponses, et nous avons surtout trouvé du partage, des chemins possibles, et une multitude de façons d’habiter le monde autrement.


Notre trajet


Pourquoi à vélo et en autonomie ?

Un mode de déplacement écologique et accessible

Le vélo est un mode de mobilité douce et écologique que nous avions déjà eu la chance d’expérimenter lors de précédents voyages. Pour cette aventure, nous avons eu une nouvelle fois la joie d’en faire notre compagnon de route. Il nous a permis d’avancer au rythme du monde, en nous laissant le temps de rouler vers l’horizon.

Ni trop lent ni trop rapide, il offre un équilibre précieux : celui de pouvoir traverser les paysages tout en prenant le temps de les observer. Il permet aussi de ressentir pleinement le passage des saisons et les variations du territoire.

Des nuits en bivouac ou chez l’habitant

La majeure partie du temps, en dehors des séjours dans les lieux alternatifs que nous filmions, nous dormions en bivouac. Nous apprécions la liberté que ce mode de vie nous offrait : celle de nous arrêter où la journée se terminait, en nature.

Mais régulièrement, nous faisions aussi le choix de partager des moments chez l’habitant. C’était l’occasion faire des rencontres inattendues, de partager un repas, des discussions et de bénéficier d’une chaleur humaine précieuse !

Une moyenne de 45 kilomètres par jour

Tout au long du voyage, nous avons parcouru en moyenne une quarantaine de kilomètres par jour (en prenant compte des jours d’arrêt). Ce rythme volontairement modéré était un choix essentiel pour nous.

L’objectif n’était pas de couvrir des distances, mais de prendre le temps de la rencontre. Cette cadence nous permettait de rester disponibles, car cette aventure était avant tout humaine. Elle contrastait d’ailleurs fortement avec certains de nos précédents voyages solitaires, où le rythme était presque deux fois plus soutenu.


De la motivation en réserve

Parfois accueillante, parfois décourageante, la route nous obligeait à nous adapter en permanence.

Il fallait être prêts à franchir des cols sous la pluie, à traverser des champs sous un soleil de plomb, ou encore à avancer dans des prairies enveloppées de brouillard.

Au fil des semaines, les kilomètres parcourus variaient naturellement selon de nombreux facteurs : la météo, le temps passé dans chaque lieu, la richesse des rencontres, le travail de montage auquel nous consacrions environ une journée par semaine, ou tout simplement nos envies du moment.

En prenant en compte l’ensemble de ces éléments, notre rythme moyen s’est établi autour de 40 kilomètres par jour.


L’aboutissement du projet : un film documentaire

Cette aventure, nous l’avons d’abord pensée pour nous-mêmes. Mais très vite, il est devenu évident que nous voulions en conserver une trace et partager ce qu’elle faisait naître en nous. Au fil des kilomètres, nous avons donc filmé les rencontres, les échanges, les paysages et tous ces moments qui ont façonné ce périple.

À travers ce documentaire, nous souhaitons transmettre ces retours d’expérience, ces connaissances et ces récits de vie qui nous ont tant nourris. Nous croyons profondément au pouvoir du partage pour susciter la réflexion, nourrir l’imaginaire et faire émerger un espoir actif. Car derrière les constats parfois difficiles se cachent aussi des femmes et des hommes qui expérimentent, créent et ouvrent des chemins possibles.

Un film qui suit notre cheminement intérieur

Au-delà des rencontres, ce voyage a été celui de trois jeunes en quête de sens. Au fil des mois, nos questionnements ont évolué, certaines certitudes se sont effacées et de nouvelles perspectives se sont ouvertes.

Le film suit cette évolution. Il mêle témoignages, moments de contemplation, réflexions, doutes et émerveillements. Il aborde naturellement plusieurs enjeux écologiques et sociaux qui traversent notre époque, mais sans prétendre apporter de réponses toutes faites. Il raconte avant tout un cheminement, celui de trois amis qui cherchent à mieux comprendre le monde qui les entoure et leur place au sein du vivant.

Nous avons la conviction que nous avons encore énormément à apprendre. C’est pourquoi nous avons voulu que nos questionnements, nos hésitations et nos évolutions apparaissent à l’écran, afin que chacun puisse, peut-être, se reconnaître dans cette quête et cheminer avec nous.

Un documentaire profondément personnel

Nous n’avons pas cherché à reproduire un modèle existant. Depuis le départ, notre volonté est de réaliser un film qui nous ressemble, où l’émotion, la sincérité et notre regard personnel occupent une place centrale.

Mais nous avons également fait le choix de laisser une large place à la parole des personnes rencontrées. Sans chercher à systématiquement commenter ou orienter leurs propos, nous avons voulu prendre le temps d’écouter la diversité de leurs témoignages.

Plus qu’un film sur le voyage à vélo, nous souhaitons raconter une aventure humaine, faite de rencontres, de remises en question et d’émerveillement. Un film singulier, façonné par notre sensibilité et par tout ce que ces neuf mois sur les routes européennes ont fait naître en nous.

Aujourd’hui, le film est entièrement monté. Nous consacrons désormais notre énergie aux dernières étapes de la post-production, indispensables pour lui donner toute sa profondeur visuelle et sonore. Ce travail de finition nous permettra de proposer un documentaire abouti, fidèle à nos intentions, et prêt à vivre sa vie auprès du public, en festivals, en salles de cinéma et sur des plateformes de diffusion.